MINDFULNESS – Le Deuil

pte angolon (11)

Toute chose a une fin...

Ne jamais la perdre de vue,

ainsi, une partie du deuil sera plus facile à accepter.

 

Méditer en pleine conscience, parfois appelée méditation pratique.

C’est aussi mettre fin à un flot incessants d’idées, à un assaut de jugements que l’on est toujours trop prompt à appliquer à ce que l’on observe, à ce qu'on vit. Nous biaisons ainsi notre capacité de perception que nous soumettions à des préjugés, à des concepts dont nous n'avions même plus conscience.

«En me concentrant sur les sensations les plus ténues, sur les gestes les plus infimes, sur les mouvements musculaires les plus fins, ainsi que la respiration, j'apprends à me détendre. Les idées et les pensées devraient suivre, car on ne peut pas se concentrer sur ses gestes et ses muscles tout en gardant à l'esprit des préjugés inutiles. Les crispations deviennent en effet des anomalies et ne sont plus mon état normal, celui que l’accumulation de stress a fini par causer. Toute mon attitude respire le calme, inspire la relaxation. J’apprends à bouger plus finement, parce que j'ai pris conscience qu’un geste fin est souvent suffisant là où j'en faisais d’amples.

Cependant, je me suis rendu compte que je pratique le mindfulness depuis fort longtemps lorsque je fais mes marches, forcées, lentes, rapides, qu'elles soient courtes ou longues. Lorsque je monte à ski dans les espaces larges ou confinés de mes montagnes extérieures comme intérieures. C'est ma tasse de caféine, ma poudre blanche où plane mon esprit.

Mais ai-je les bonnes pensées et les bonnes formules pour combattre mon stress quotidien ?

Les sensations sont variables et multiples, la joie et le bien-être, la capacité de produire un effort soutenu, parfois la peur, la discipline, entre les pensées qui filent sensuellement, les larmes qui découlent de mes pensées... et la brise glaciale qui en accentue l’effet. Personne ne verra rien de mes émotions, car tout est dissipé dans le paysage, fondu dans le cadre en question.

Un exemple de jugement altéré; la performance actuelle du monde est de vouloir aller vite, encore et encore plus vite !

En règle générale, lors que je monte à ski, personne ne voit que je suis là, que j'existe... juste un point sombre resté au loin derrière et oublié... c'est le déroulement normal !

J'avoue que ce n'est pas là le plus dérangeant, mais le très frustrant, voir vexant, c'est lorsque que je suis en terrain de messe... de culte... de mecque du dimanche à ski où la foule se suit et serpente dans la pente en une interminable file. Où tout le monde se dépasse et me dépasse alors que j'essaie de garder un rythme plus enlevé que le mien !

Pour finir, je perds de vue ma méditation, cela devient une course poursuite et je rate presque le sommet... surtout lors qu'il est lointain.

Heureusement, ce n'est pas tous les jours que je choisis ces lieux ultra-fréquentés, mais plutôt ceux à l’abri des regards, en catimini.... malheureusement, ils deviennent très rares... et difficile de les recréer dans mon esprit.

Il y a dix ou vingt ans, je ne voyais pas autant de skieurs de rando surgir de toutes parts, comme des trains express qui remplacent les régionaux et de vive allure en trois clins d'œils, ils sont au sommet... c'est magnifique cette performance !

Chacun cherche le dépassement de soi, savoir de quoi nous sommes capables, sans pour autant aller au fond des choses, sans remise de question, dans une foulée de mouvements qui oublient ou qui en cachent bien d'autres.

Les pourquoi laissés sans réponses !

Je crois que je me suis perdu dans le temps, j'ai mis mon moteur au ralenti. Un diesel sans particules, sauf celles qui sortent de mon esprit et imbibent ces quelques pages blanches.

Je m’éloigne de mon sujet principal qui est la méditation en pleine consciente, au sujet du deuil, de cette émotion intangible! Le deuil, qu'il soit du à la perte d'un être cher, d'une étape de sa vie, d'un bien matériel, ou autre situation où il faut tourner la page, parfois la page est très lourde. Toutefois, il faut se donner les moyens, et de préférence des moyens doux, simples et sains pour le bien-être de soi et de son entourage.

Je me concentre sur mes pas, mes jambes, mes muscles,

ma respiration, celle qui est profonde et longue,

(ou même sous l'effet de l’essoufflement, tout dépend de qui)

les pensées dévastatrices et frustrantes,

je les remplace par l'esprit des lieux, par l’âme et de l'essence de chaque chose où je me trouve,

celui des forêts, des prairies, des sommets élevés... ou moins élevés.

Ceci dit, par ce qui est... ... au moment présent... sur place,

par le vent, le froid,

le soleil et sa chaleur,

les flocons qui tambourinent sur mes joues,

le grincement des arbres, le feuillage qui s'agite au vent,

les chants et piaillement des oiseaux,

les pas des habitants des bois qui se cachent et qui fuient les nôtres.

Un déboulonnement de neige... ou de cailloux dans une falaise au loin ou assez proche,

d'un sérac qui craque, un glacier qui gronde,

l'eau qui coule dans la falaise,

d'un ruisseau qui fond dans le décor,

des herbes folles qui percent la neige,

les parfums et couleurs printaniers des champs fleuris,

les plaques à vent qui craquellent sous nos pieds et dont on essaye de se tenir à distance,

un monde où tout est perceptible, définissable... quelques fois indéfinissable et surprenant !

Parfois même, ce monde finit par enfuir nos dernières pensées. »

Hélas, la vie est ainsi composée de joie et de fragments déconcertants, mais juste de fragments, pour ceux chez qui les idées et les pensées continuent de tourner. Tout au long de notre existence beaucoup de choses viennent et s’en vont, suivent un parcours court ou long. Nous devons nous en séparer, être prêts à les laisser se dissiper dans le temps.

Là aussi la méditation a son rôle, vivre et laisser couler la douleur... vivre l'instant qui se présente aussi douloureux qu'il soit.

La douleur est passagère, elle ne prend jamais ses assises.

Combien de temps ?

Nul ne sait, tout dépendra d'un « méditateur » à un autre.

Créer en soi des espaces pour que la douleur s'épanouisse, revivre les pensées, du bon comme du mauvais sans créer de vague, laisser passer... filer...

Comme un torrent qui coule à vive allure où l'eau est constamment renouvelée.

Comme une brise fraîche qui passe par la fenêtre entrouverte,

laisser aérer et respirer profondément,

laisser la brise envahir tout l'espace pendant un court temps – celui qui nous semble juste !

Régulièrement...

Ouvrir la porte pour créer un courant d'air et permettre à la brise de s'en aller avec la douleur.

Laisser partir... Petit à petit, elle fera moins mal.

Et la vie ne rependra pas là ou elle en était restée, mais plus loin, avec de nouvelles pensées, mouvements, fragments de joie et de tristesse, qui renaîtront pour s’épanouir en chacun de nous. 

A méditer !

Paula Otero - Consultante en Nutrithérapie